07.09.2008
Le coût d'une Monarchie
L’un des arguments souvent opposés à la Monarchie est son coût qui serait forcément dispendieux… Dans un article publié il y a deux ans par « Le Figaro », Stéphane Bern remet quelques pendules à l’heure : « La reine et sa nombreuse famille coûtent à chaque contribuable britannique 62 pence par an, soit 90 centimes d’euros, un montant en légère augmentation dû au renforcement des mesures de sécurité autour des Windsor.
(…) A y regarder de plus près, le coût de la monarchie a augmenté l’an passé de 4,7 % pour un montant global de 37,4 millions de livres sterling (54,2 millions d’euros), soit une répercussion d’un penny par an et par citoyen.
« Pour 62 pence, on peut s’acheter un billet pour voir une minute du match Angleterre-Portugal samedi en quarts de finale », a plaisanté Alan Reid. Il aurait pu donner d’autres exemples pour illustrer le coût de la famille royale à une époque où chaque institution doit justifier son existence par une rentabilité forcenée (…).
Combien de temps faudra-t-il encore que la reine d’Angleterre justifie le fait d’être une icône vivante pour un milliard de sujets à travers le Commonwealth ?
Après tout, elle rapporte dix fois ce qu’elle coûte à nos voisins dans la balance des paiements ! Quel touriste japonais irait faire le pied de grue devant Buckingham Palace sous une pluie cinglante si la reine ne justifiait pas une relève de la garde colorée ? sans compter l’abondance de palais royaux à visiter dont la couronne peine à financer l’entretien sur ces 62 pence par an.
« La famille royale est, dans ce pays, la seule chose qui vaut ce qu’elle nous coûte » avait dit un jour ministre travailliste. De fait, loin de toute polémique, la maison de Windsor est une valeur sûre, comparée à l’argent public gaspillé par certains membres du cabinet de Tony Blair. (…)
D’autant que, chaque année, toujours pimpante à 80 printemps, la reine effectue quatre cents engagements, reçoit des centaines de dignitaires internationaux, régale des dizaines de milliers de convives, représente la Couronne dans le monde entier et entretient une famille nombreuse qu’elle utilise comme des agents publicitaires et touristiques. (…)
A titre de comparaison, le coût de la présidence de la République française est de 82,5 millions d’euros, soit 1,30 euro par an et par habitant. »
Stéphane Bern pourrait y rajouter le coût d’une élection présidentielle, plus élevée à chaque fois, du fait des frais de « communication »…
D’autre part, il n’est pas certain que l’actuel locataire de l’Elysée soit aussi populaire que la famille royale anglaise dans son pays…
Certains rétorqueront que le poids d’un président français est plus important que celui de la reine d’Angleterre ; sans doute, et cela tient aussi à l’histoire constitutionnelle et politique propre à la France, en particulier dans le cadre de la Ve République fondée par un véritable homme d’Etat conscient de son rôle et de ses devoirs, même si la pratique de celui-ci peut susciter des critiques en certains domaines. Mais, et sans même évoquer ce que serait cette Monarchie active « à la française » que nous appelons de nos vœux et qui serait forcément différente de la Monarchie britannique, il n’est pas inutile de rappeler la fameuse phrase de Régis Debray, ancien conseiller de François Mitterrand : « Il manque à la République une famille royale »… Et il ajoutait que celle du Royaume-Uni jouait un rôle important dans la pérennité du Commonwealth en la comparant au rêve pas vraiment réalisé d’une Union francophone mondiale qui jouerait le même rôle d’influence…
Si l’on veut diminuer le train de vie de l’Etat, encore serait-il bon que sa magistrature suprême donne l’exemple : sans doute, par économie aussi, faudrait-il faire appel à ce qui n’est pas le Pouvoir d’un homme mais celui d’une famille. Le cas britannique peut y faire réfléchir…
JP Chauvin;
15:18 Publié dans Réfléchir | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
03.09.2008
Des caissières à l'aménagement du territoire
La grande distribution a souvent expliqué qu’elle offrait des emplois en grande quantité, en oubliant toutefois que pour un emploi créé en grande surface, trois emplois disparaissaient dans le petit commerce, en particulier celui « de proximité ». Mais aujourd’hui les caissières des hyper et supermarchés peuvent légitimement s’inquiéter devant les projets de leurs employeurs consistant à les remplacer, en l’espace d’une dizaine d’années, par des bornes de paiement sécurisé.
Bien sûr, cela nous est présenté, aujourd’hui, comme un « progrès », en particulier pour le consommateur et, demain, comme une « nécessité » économique pour permettre la « compétitivité » des entreprises de la grande distribution face à la concurrence du commerce sur la Toile…
Bien sûr, il restera des caissières, ne serait-ce que pour l’aide aux personnes âgées ou pour résoudre quelques problèmes divers liés aux marchandises ou à leur paiement. Mais pour le reste… Ne seront plus nécessaires que des agents de sécurité pour éviter fraudes et incidents, des manutentionnaires pour la mise en rayon, des animateurs pour les promotions ou les conseils d’achat et des cadres pour l’organisation de la grande surface.
Cette évolution est malheureusement inéluctable (en particulier avec l’arrivée massive des puces RFID destinées à remplacer les codes-barres dans un délai relativement court) mais, au lieu de gémir, sans doute faut-il envisager un autre mode de consommation et de commerce qui maintienne encore, dans son principe même, une part d’humanité et qui ne soit pas orienté vers le seul profit et la seule rentabilité.
En tout cas, cette affaire est, peut-être, une nouvelle chance pour le petit et moyen commerces, des magasins à taille humaine et plus ou moins indépendants qui, dans le cadre d’un nouvel Aménagement du territoire, ont leur épingle à tirer du jeu et pourraient créer et maintenir de nombreux emplois. Encore faudrait-il, d’une part engager une véritable « révolution des mentalités » pour retrouver quelques réflexes simples de consommation « équitable », d’autre part que le Politique prenne ses responsabilités (en ses différents niveaux d’application) en favorisant les commerces de proximité mais aussi les services publics dans les villes comme dans les zones rurales, y compris dans les communes du centre-Bretagne : là encore, rien ne se fera sans une politique consciente, sérieuse et durable d’Aménagement du territoire que seul l’Etat peut impulser et les collectivités locales (en particulier le conseil régional de Bretagne et les municipalités) relayer et soutenir.
L’Aménagement du territoire a été, sauf sur les marges du paysage électoral, le grand oublié de la dernière campagne présidentielle : il est pourtant, plus que jamais, l’un des grands enjeux des décennies à venir. Mais ce n’est pas un Président quinquennal qui peut, évidemment, s’engager dans cette politique de long terme : une occasion de plus d’évoquer le « temps long du Politique » que la Monarchie et sa logique dynastique rendent possible…
Jean-Philippe Chauvin
La « révolution des mentalités », évoquée plus haut, aurait, sans doute, beaucoup à gagner en s'inspirant des théories de ce que l'on nomme le « localisme ». Economiquement, c'est à ce niveau seul, qu'il semble possible, aujourd'hui, de proposer un véritable contre-poids à la démonie financière, de rappeler, en opposant la koinonia à l'ekonomia, que l'économie doit être au service des hommes et non le contraire. Production et consommation « locales », privant, à terme, les superstructures qui asservissent à leurs intérêts propres (intérêts « inventés » et non nécessairement essentiels) les hommes et les produits de leur travail.
Tudry
20:01 Publié dans Politique., Réfléchir, Social, Socio-économie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : royalisme, emploi, travail, avenir, social, supermarchés, aménagement du territoire
Pour sauver la pêche, sauvez la mer
L’augmentation des prix des carburants et l’interdiction de poursuivre la pêche au cabillaud (les quotas de pêche décidés par Bruxelles pour cette année sont déjà atteints…) pénalisent les pêcheurs français, dont ceux de Bretagne, et cela explique leur récent mouvement de colère qui se traduit par le blocage de plusieurs ports, en particulier de plaisance, à Boulogne par exemple il y a quelques semaines. Lors d’une émission radiophonique récente, l’un des intervenants soulignait qu’il ne fallait pas que le gouvernement cède aux injonctions des pêcheurs, ne serait-ce que parce que « la mer est vide » et qu’il faut « bloquer » la pêche, ici au cabillaud, tant que les stocks ne se sont pas reconstitués dans de bonnes conditions : l’intention n’est, en soi, pas mauvaise, mais que fait-on donc des pêcheurs réduits ainsi à l’inactivité, puis au chômage ?
Il me semble qu’il est possible et surtout nécessaire de maintenir une activité de pêche dans notre pays et sur les côtes bretonnes, mais que cela ne peut se faire que si les pouvoirs publics et quelques intervenants privés se décident à investir en temps et en argent dans la réorganisation et le soutien de cette activité nourricière importante. En somme, que l’Etat impulse et soutienne une véritable « politique de la pêche », avec l’aide des régions, du secteur agroalimentaire et des organisations socioprofessionnelles de la Mer, mais aussi les associations environnementales.
Quelques propositions :
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la création d’une « trame bleue » qui comprendrait les zones de frai et de croissance des espèces halieutiques, cela pour permettre le renouvellement dans de bonnes conditions des ressources en poissons et en crustacés, par exemple. Le problème est que, si cela est possible dans les eaux françaises, cela est évidemment plus difficile à faire respecter dans les eaux internationales. Aussi, faudrait-il, à l’aide d’une conférence internationale ou d’accords multilatéraux entre Etats « pêcheurs » et « consommateurs », créer des réserves et des zones interdites de pêche et, surtout, faire respecter ces zones : cela n’est possible que si des Etats assument ce rôle de « police des mers » et en ont les moyens matériels et humains. La France, qui dispose du deuxième espace maritime du monde, pourrait jouer ce rôle, avec d’autres bien sûr.
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La transformation temporaire d’un certain nombre de pêcheurs, par exemple de cabillauds en ce moment, en « jardiniers de la mer », encadrés par des professionnels de l’environnement et de la « gestion des ressources », qui auraient pour objectif de travailler sur l’observation et la préservation des espèces aujourd’hui menacées, le temps suffisant à ce que celles-ci se soient correctement renouvelées et puissent à nouveau être pêchées sans risquer la disparition de la ressource : ce travail ne serait pas une « occupation » mais une véritable tâche de réintroduction, de suivi et de protection des espèces halieutiques dans leur cadre de vie. D’autre part, les pêcheurs concernés seraient évidemment ceux-là mêmes qui, une fois la ressource considérée comme à nouveau suffisante et capable de supporter des prélèvements importants, seraient chargés d’exploiter le stock, c’est-à-dire d’en faire la pêche, ce qui reste, évidemment, leur fonction première.
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La mise en place d’un « code de la consommation des ressources de la mer » dans notre pays qui serait chargé de veiller à ce que des espèces halieutiques considérées comme menacées ne soient plus disponibles à moindre frais dans les espaces commerciaux de la grande distribution. Cela doit s’accompagner d’une politique française de sensibilisation, autant de la population de notre pays que des Etats de la planète, aux risques de la surexploitation des mers et, éventuellement, d’une politique d’aide aux pays en développement pour qu’ils ne bradent pas leurs propres ressources pour des raisons économiques mais, au contraire, la préservent et l’entretiennent.
Voici quelques propositions, sans doute bien incomplètes, mais qui me semblent réalisables dans un délai relativement bref. Encore faut-il que l’Etat français ne se contente pas de quelques « mesurettes » mais qu’il pense et applique cette véritable « politique de la Mer » qui nécessite un engagement fort et de long terme. Il est urgent d’agir, et c’est l’Etat lui-même qui en a le plus les moyens : pourvu qu’il en ait la volonté !
19:54 Publié dans Eco-logique, Politique. | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : pêche, social, politique, économie, royalisme, écologie















