02.11.2007

Les temps changent ! Vraiment ?

"Les auditoires les plus rétifs et les plus difficiles à échauffer étaient, sans contredit, dans les milieux libéraux et conservateurs, imbus des préjugés moyens et courants contre la monarchie, craintifs devant la Révolution - qui, à leurs yeux, monte perpétuellement. Ces infortunés s'imaginent que le salut est à gauche, et toujours plus à gauche, qu'il faut des hommes de gauche pour diriger les mouvements réactionnaires, qu'il importe de mettre un masque avant de parler, et qu'il est souverainement dangeureux d'agir." Léon DAUDET, Vers le Roi.

Léon Daudet écrit ici d'un temps, que les moins de vingt ans, et bien au-delà ne peuvent pas connaitre (les années 1904-1908, dans ses Souvenirs) mais ... 

les temps changent; est-ce si sur ??

03.01.2007

L'Etat sécuritaire

medium_jean-marc_fedida.jpgPour Jean-Marc Fédida «touche par touche, la loi dessine le portrait robot du citoyen modèle et définit ce qui constitue son profil licite, c’est à dire éthiquement acceptable» La «statolâtrie» française après un échec de l’Etat providence s’incarne dans l’Etat sécuritaire qui ne peut mener qu’à un échec tout aussi cuisant. Et il ajoute «trente années de politique sécuritaire ininterrompue ont donc produit une société à la trame bien élimée, en état de surveillance permanente de la part d’une autorité publique défiante de toute initiative libérale. Quel pourra bien être l’avenir d’une telle société ?»

A méditer : quand l'Etat envahi des domaines qui ne le concernent pas et reste absent de ceux qui méritent sa compétence ... quand l'autorité de l'Etat refuse de s'affirmer et de se poser en garant des libertés ... n'est-ce pas là l'insécurité la plus flagrante ?? Mais surtout le discours de Maître Férida, qui refuse pourtant de faire remonter à sa source réelle ce problème récurrent, ne rejoint-il pas celui du Maître de Martigues ? A méditer ...

 

06.12.2006

La Bretagne dans l'Etat royal

James Collins est un historien américain, spécialiste de la France moderne. Avec ce livre l'auteur fournit une stimulante analyse de la société bretonne des XVIe et XVIIe siècles, une véritable interprétation renouvelée de l'intégration, et des ses modes, du duché de Bretagne au Royaume de France, des relations aussi, de cette province à la forte personnalité avec la monarchie des derniers Valois et des premiers Bourbons ...

medium_James_Collins.gif

30.10.2006

Combats pour une Bretagne catholique er rurale

Le professeur David Bensoussan (enseignant d'histoire en khâgne au lycée Chateaubriand et à l'IEP de Rennes) consacre un savant ouvrage aux droites bretonnes de l'entre deux guerres.


Longtemps, la Bretagne est demeurée un bastion du catholicisme - la pratique religieuse y était bien supérieure à la moyenne nationale - et des droites. Délaissée par Paris, archaïque dans ses structures sociales, très majoritairement agricole, marquée par la Révolution française - ou du moins par la centralisation découlant du jacobinisme -, cette province au particularisme prononcé est passée pour réactionnaire jusqu'aux lendemains de la Seconde Guerre mondiale - seules quelques grandes villes plus ou moins industrialisées votaient un peu plus à gauche. (Ce n'est d'ailleurs pas à la suite d'une quelconque «conversion» aux idées socialistes que la Bretagne a par la suite évolué, mais à cause de la mutation intervenue dans les milieux religieux : syndicalisme agricole chrétien, Action catholique, etc. ; ce passage serait plutôt un passage à la deuxième gauche). A l'échelle d'une large fraction, cohérente, du territoire français, et d'une période où les comportements politiques en profondeur évoluent peu, David Bensoussan étudie avec minutie et esprit de synthèse en même temps le comportement des élites comme celui des gens de la base, simples électeurs.
Aux éditions Fayard, 658 p, 32 euros.
Nous espérons bien publier d'ici peu un compte rendu détaillé et critique, de cet important ouvrage, avec l'aide de notre ami Jean-Philippe Chauvin.

18.10.2006

Histoire littéraire

La Revue d'histoire littéraire de la France  consacre le n°3 de son 105ème volume à "LA CRITIQUE DE DROITE", il medium_LIVRalmanach1933.jpegy est question de Charles Maurras (bien sûr) et quelques unes des questions soulevées à ce propos ne sont pas sans intérêt ... loin de là

 112 rue Monge

BP 173

75005 Paris

 

15.10.2006

Education

medium_95980-137412bernanos.jpgIl n'importe guère que vous fassiez des jeunes chrétiens moyens, car le monde moderne est tombé si bas que « chrétien moyen » n'a même plus sa signification d'honnête homme. Il est inutile que vous formiez des chrétiens moyens, ils deviendront tels avec l'âge. Certes Dieu seul sonde les cœurs. Mais enfin médiocre pour médiocre, à ne considérer que le rendement, n'importe quel chef responsable vous dira qu'un chrétien moyen a tous les défauts de l'espèce commune, avec une dose supplémentaire d'orgueil, d'hypocrisie, sans parler d'une regrettable aptitude à résoudre favorablement les cas de conscience. « Nous ne pouvons pas faire mieux », répondez-vous. Sans doute. On craint cependant que vous soyez tombés jadis dans la même illusion que les auteurs de programmes universitaires. A vouloir un peu de tout, vous n'avez pas voulu assez. Vos produits répondent malheureusement à l'idée que les professeurs de belles-lettres se font du génie français : pondéré, mesuré, modéré. J'entends bien qu'il serait dangereux d'exploiter la révolte naturelle de la jeunesse, en face d'une société organisée en dehors d'elle et qui ne saurait encore l'admettre nulle part […] Le malheur est que vous ranimerez difficilement, plus tard, la flamme que votre prudence aura tenue sous le boisseau. G. BERNANOS

03.10.2006

Au fil des pages

Jean-paul Sauzet, Marché de dupes. analyses anthropologique du néolibéralisme, L'Harmattan, 170 p., 15 e :

 

"Le monde marchand, promuet le "liberal-libertaire comme figure du sujet. La force de l'esprit mercantile est qu'il ne dit pas son idéologie [...] Il marginalise simplement les références culturelles. A la lumière du progrès annoncé, il dévalorise insensiblement tout ce qui ne lui rapporte pas. Ainsi, dans son développement il ne connaît que son intérêt, c'est-à-dire lui-même."

Au coin des pages

A lire : Le Premier sexe, d'Eric Zemmour, grand reporter au Figaro. Une brillante analyse de la féminisation de la société qui accompagne la mondialisation  de l'ultra-libéralisme capitaliste qui à compris depuis bien longtemps que "la famille patriarcale - le fameux ménage - était le dernier bastion qui lui résistait, le dernier obstacle à la marchandisation du monde". (Denoël, 134 p. , 10 e)

A lire aussi, l'Introduction à Heidegger de Maxence Caron (Ellpses, 94 pages, 8, 50 e), pour ceux que rebuttait l'oeuvre, voici enfin une introduction en forme de réconciliation ...

 

14.06.2006

Résistance !

Vient de paraitre un "Dictionnaire historique de la Resistance" dans la collection "Bouquins" chez Robert Laffont.

Nous donnons ci-dessous quelques extraits de la rubrique "Monarchistes" de ce livre.

(...) Au sein de la Résistance, les monarchistes n'ont jamais constitué d'organisations spécifiques mais ils se singularisent par une certaine manière d'être, caractérisée par la précocité et la radicalité de leur engagement clandestin. (…)

(…) Jacques Renouvin, quant à lui, s'était déjà fait remarquer le 14 novembre 1938 en giflant, à l'Arc de triomphe, Pierre-Étienne Flandin, ancien président du Conseil, auteur d'un télégramme de félicitations à Hitler pour les accords de Munich. En 1939, il choisit de combattre dans les corps francs. Fait prisonnier, il s'évade puis s'installe à Montpellier où il entre en contact avec le mouvement Liberté en février 1941. Il crée alors le premier groupe franc (GF) qui se manifeste avec éclat en faisant sauter quelques kiosques et vitrines de collaborateurs ou en peignant au bleu de méthylène sur le socle de la statue de Louis XIV : « Je n'aurais jamais collaboré. » Il devient le chef des GF de Combat où il retrouve son ami monarchiste Pierre Bénouville. Ce dernier, au sein du mouvement, milite ardemment en faveur de l'action immédiate et succède à Henri Frenay comme commissaire aux affaires militaires des Mouvements unis de Résistance (…)

(…) À l'exception notable d'Henri d'Astier de la Vigerie qui, à Alger, intrigue pour que le comte de Paris succède à l'amiral Darlan, les monarchistes répugnent à tout engagement politique et plus encore à mettre en avant leurs convictions. Ce qui les anime, c'est un patriotisme sans concession et un sens de l'honneur dont la force de l'évidence ne se paie pas de mots. Se faisant remarquer par le caractère entier de leur engagement au sein des Forces françaises libres comme dans la Résistance où ils pratiquent de façon privilégiée le renseignement (en particulier les réseaux CN , Jade-Fitzroy, Septième colonne d'Alsace) et la lutte armée (Groupes francs, Action immédiate), les monarchistes n'ont manqué ni de brio ni de panache.