28.03.2008

Compte Rendu Cercle du 26 Mars

    Ce Mercredi 26 Mars s'est donc tenu le Cercle la Rouerie de l'Action Française sur Rennes, nous nous excusons pour les non-habitués qui auraient voulu entendre l'intervention mais ne nous on pas trouvés, en effet, sur décision du gérant du bar le Saint Melaine, où nous avions coutume de nous retrouver, nous avons dû finalement changer de lieu.

    Nous avons donc pu tenir ce cercle dans l'ambiance agréable et feutrée d'un autre café rennais.

     Au programme donc, présentation de la figure de Raymond Abéllio, occasion pour nous de découvrir ou de redécouvrir le parcours original de ce polytechnicien, scientifique, philosophe et romancier. Ainsi que le fond d'une pensée qui bien que contre-révolutionnaire, ne ressemble que peu, et mérite donc toute notre attention, à celle des penseurs du nationalisme intégral.

     Nous remercions les présents, les intervenants, ainsi que les naufragés de la route n'ayant donc pu nous rejoindre, nous attendons le cercle du mois prochain avec impatience.

      Argonath

 

p.s. un compte rendu plus détaillé suivra dès que possible.

 

 

21.02.2008

L'oubli des Chrétiens d'Orient

8382e033952834f3a91f0b93d239aa79.jpgEn ces périodes de bouillonnement des Proche et Moyen-Orients, on peut regretter que vu d'Occident, et surtout à travers les médias, une part importante du paysage culturel et politique de ces régions nous échappe. C'est en fait une part de la population de ces nations dont la faiblesse numérique ( 10 millions à peu près ) n'est rien au regard de l'importance historique, politique et culturelle que leurs concitoyens accordent encore à cette minorité. Dans le monde musulman en effet, quel occidental, s'il n'est personnellement intéressé, ou grand spécialiste de la question, connaît aujourd'hui le rôle capital que jouent les Chrétiens d'Orient ?
Ce fut donc une agréable surprise que de trouver une ( trop ) courte analyse de leur situation en première page de « Ouest France » qui accordait sa tribune « point de vue » au médiologue Régis Debray. Si l'article pose les bonnes questions, le sujet est bien trop vaste pour être traité dans les quelques lignes qui lui étaient accordées. Or, il est capital de bien comprendre pourquoi ces populations sont des « catalyseurs » si importants pour le monde musulman, et pourquoi leur rôle est si mal compris en Europe.


Irak, Palestine, Iran, Liban, Syrie, Jordanie, Egypte... nous retrouvons ces noms en « unes » de nos quotidiens trop souvent, ces pays sont le théâtre des conflits ou des tensions les plus caractéristiques du monde musulman, et quel que soit la situation, que le conflit semble opposer l'Occident « américanisé » (et non plus chrétien malheureusement ) ou Israël -qui l'est tout autant- à l'Islam, ou bien les Chiites aux Sunnites, ou bien l'Islam « modéré » au fondamentalisme comme en Égypte ou les tensions sont chaque jour plus violentes... dans tous ces schémas on retrouve des communautés Chrétiennes qui ont joué le rôle de « tampon » depuis des siècles tandis que, par ailleurs, ils devaient lutter quotidiennement pour leur liberté religieuse.
Ils sont encore aujourd'hui considérés par leurs compatriotes musulmans comme des îlots d'espérance, des catalyseurs de modernité ( tout comme dans l'Islam médiéval, leur génie et leurs lettres les faisaient protéger des grands et leur faisaient accorder la liberté de culte ). On pressent qu'en Palestine ou au Liban en particulier, ils pourraient être des intermédiaires miraculeux, et l'on ne comprend pas qu'ils soient, sur décision occidentale, écartés des jeux diplomatiques, qu'ils n'éveillent que méfiance chez les décisionnaires occidentaux. Tandis que dans le reste du monde musulman comme en Irak, ils se retrouvent -de par leur constante neutralité dans les conflits de l'Islam, et ayant perdu au profit d'un Occident représenté par une Amérique pourtant honnie le rôle de « juge » que leur apportait cette neutralité- les premières victimes des conflits, victimes dont le témoignage est inlassablement rappelé aux chrétiens d'Occident par l'Oeuvre d'Orient.

Pourquoi donc cet abandon des puissances occidentales qui condamnent aujourd'hui ces populations chrétiennes, pourtant ferment culturel des nations islamiques ? Régis Debray donne cette phrase lapidaire et pourtant assez juste: ils seraient « trop chrétiens » pour les progressistes occidentaux, et cependant « trop arabes » pour les autres décideurs... on pourrait préciser « trop catholiques orientaux » pour les Anglo-Saxons ( en effet, la foi des chrétiens d'Orient combine ce qui est le plus de nature a nous émerveiller nous dans le catholicisme et l'orthodoxie, et qui est pour les protestantismes anglo-saxons « horripilant » ).
On sait comme nos médias et nos politiques, s'adressant à la masse qu'ils sous-estiment un peu plus chaque fois qu'ils prétendent lui donner des pouvoirs nouveaux, aiment à construire des schémas simplistes. Ainsi, après les absurdités des premières tentatives pour « caser » les Chrétiens orientaux dans ces jeux d'enfants ( on se souviendra avec dégoût des discours lors de la guerre civile Libanaise, visant à faire passer le Hezbollah et le fondamentalisme islamique pour une force progressiste tandis que l'on s'échinait à trouver chez les chrétiens libanais quoi que ce soit de passéiste ou de trop traditionaliste au goût de nos « crétins d'Occident » bien-pensant, qui ne peuvent voir le christianisme que comme un ennemi de la modernité ), il a paru certainement plus sage de les faire "disparaitre" de la face médiatique du globe.

Résultat: alors que les Palestiniens et les Libanais considèrent « leurs chrétiens » comme des « frères » (rappelons-nous la présence de Yasser Arafat au coté de sa femme chrétienne à la messe de Noël avec l'approbation silencieuse de la population musulmane ) ; alors que les ennemis du Liban, un peu plus réfléchis que ses alliés occidentaux, savent quel gain il y a à frapper les personnalités chrétiennes ; chaque jour un peu plus, nos gouvernements, en imposant à l'Islam leur vision du « choc des cultures » Islamo-Chrétien, sapent l'influence de ses Eglises millénaires, amènent avec la complicité des Islamistes à les présenter comme des « suppôts du grand Satan ». Les condamnant ainsi, il faut bien le dire, à mort, la « tolérance » religieuse de l'Islam étant une constante bien connue des chrétiens -interdits de Culte en Arabie Saoudite ou massacrés en Indonésie...

Une politique étrangère capétienne, confrontée aux problèmes du Moyen-Orient aurait su préserver le rôle d'intermédiaire de ces Églises, tout comme il avait été préservé même au cœur des conflits armés entre Islam et Chrétienté que furent les croisades... Triste constat que celui de l'élimination programmée d'un ami de toujours alors même que tout est fait pour tenter (mais comme un enfant qui joue avec une fourmilière ) de jouer à leur place la partition qui est la leur depuis deux millénaires.

07.02.2008

L'Europe mérite la vérité !

L’Europe mérite la Vérité
Par Jean d’Orléans, Duc de Vendôme



L’Europe qui nous est proposée correspond-elle aux vœux des Français et des peuples européens ? Répond-elle, dans son projet, aux aspirations d’une jeunesse en quête de sens ? J’ai beaucoup voyagé, depuis dix ans, en France comme en Europe. Pas comme un homme politique qui brigue un mandat, mais comme un citoyen attentif à la vie de ses compatriotes et soucieux du destin de la France et de ce continent. J’ai pris le temps d’écouter et je sais – parce que nous en avons parlé ensemble – que beaucoup de Français ne comprennent pas où l’on veut les conduire. Cette incompréhension crée de l’inquiétude dans le pays et du désarroi dans la jeunesse. La France ne s’ennuie pas, elle s’inquiète.

Les Français ont tenté de le dire, quand on le leur a permis. En 2005, ils ont refusé, par référendum, le traité constitutionnel qui leur était soumis. Cette fois, ils ne pourront pas se prononcer sur un texte qui reprend pourtant l’essentiel des dispositions qu’ils avaient rejetées. Le traité de Lisbonne prévoit la désignation d’un président de l’Union européenne et celle d’un vice-président chargé des Affaires étrangères. Il étend les compétences de l’Union dans de nombreux domaines, au détriment de celles des États. Il assure la prééminence du droit européen sur les droits des pays. Il confirme l’extension de la règle de la majorité qualifiée. On nous présente un projet politique qui se résume à de l’ingénierie administrative. Même si les références à l’hymne et au drapeau européens ont été gommées dans cette nouvelle version, et bien que le mot n’y figure plus, il s’agit pourtant d’une Constitution, qui s’appliquera au peuple français sans qu’on l’ait consulté – comme souvent, s’agissant de l’Europe. Mais comment rendre espoir aux Français si l’on se défie d’eux ? Comment rendre à la France son rang dans le monde si l’on contraint sa souveraineté par un traité tatillon ? Comment rendre confiance aux jeunes Européens si l’on bâtit une Europe sans âme, dans le mépris de son patrimoine spirituel ?

J’ai 42 ans. J’en avais 13 quand Jean-Paul II est devenu pape. J’appartiens à la génération de ces jeunes qui ont vécu au rythme de ce pape des temps modernes. Nous l’avons vu précipiter la chute de l’Union soviétique, par la force de ses paroles et de son action. Cet empire, que l’on croyait inébranlable, était construit sur une utopie. La bureaucratie qui le gouvernait méprisait les exigences humaines et spirituelles. Elle promettait aux hommes un bonheur matériel qui ne remplacera jamais leurs aspirations profondes. Elle les contraignait à l’adoration d’idoles, qu’ils ont déboulonnées dès qu’ils l’ont pu. L’Union soviétique était fondée sur un mensonge, au moins par omission des racines culturelles des peuples qu’elle a voulu soumettre à ses lois.

Parce que je suis attaché à l’Europe, comme la majorité des jeunes et des gens de ma génération, je souhaite qu’elle soit préservée de cette périlleuse présomption. L’Union ignore trop souvent la culture et les richesses des pays qu’elle veut rassembler. Bien qu’elle ne soit responsable devant personne, la Cour de justice impose aux États sa jurisprudence. Le droit européen consacre le pouvoir d’une technocratie qui veut régler la vie des peuples dans ses moindres détails. Or, le pape actuel, Benoît XVI, l’a rappelé l’an dernier avec force : « On ne peut pas penser construire une vraie maison commune en négligeant l’identité propre des peuples de notre continent ». Et cette identité est « constituée de valeurs que le christianisme a aidé à forger ».

Cette évidence historique n’a pas convaincu les rédacteurs de la charte des droits fondamentaux, annexée au traité. Nulle référence, dans ce texte, aux racines chrétiennes de notre Europe, bien que l’Union se dise « consciente de son patrimoine spirituel et moral » : la formule est assez vague pour autoriser toutes les interprétations. Il suffit, d’ailleurs, de la lire pour le comprendre : l’inspiration de cette charte est foncièrement individualiste. Elle dissout les solidarités et les communautés naturelles, comme le traité soumis au Parlement français dissout les nations européennes. Croit-on vraiment que ce soit ce que souhaitent les jeunes Européens ? Si nous voulons qu’elle résiste aux tempêtes, il nous faudra fonder l’Europe sur quelque chose de plus solide. Non sur l’utopie, mais sur la Vérité

04.10.2007

Intégration politique

"La monarchie est un facteur d'intégration à la fois symbolique et personnel, dans lequel existe toujours la dualité des "deux corps du roi", selon la conception médiévale analysée par Kantorowicz. [...] Le symbole ne sert pas à penser. Il donne à penser ou, mieux encore, il donne à être. Dans ce cas l'être de l'existence politique.

Mais il existe aussi dans la royauté un autre facteur d'intégration personnelle : le fait que le roi, en tant que personne physique, est l'objet de loyauté, non pas comme c'est le cas du dirigeant charismatique [...] car "quand on acclame le souverain on honore pas une personne déterminée", mais il s'agit plutôt de l'action d'"autoconscience" d'un peuple politiquement uni. Le sens donc du chef d'Etat monarchique est fondé sur la représentation et l'incarnation du l'unité politique du peuple, comme c'est le cas pour les couleurs et les hymnes nationaux."

Miguel Herrero de Minon, revue POUVOIRS, 1996.